du vrac
Revu la fin des “Doors” version Oliver Stone: encore plus nul et boursouflé dans son pantalon en faux cuir que dans mon souvenir- et je soupçonne Stone de confondre Morrison et Iggy.
Fini le “White bicycles”, autobio de Joe Boyd: ce type a cotoyé, dans les sixties, les plus grands noms du jazz (Miles, Duke, Monk…), du blues (Muddy Waters, Lonnie Johnson, John Lee Hooker…), et du folk & rock (Nick Drake, qu’il a produit et couvé tant bien que mal, Dylan- il était là pour brancher sa guitare à Newport en 65, quand le rock est né une deuxième fois, le Pink Floyd de Syd Barrett qu’il a programmé plusieurs fois à leurs débuts à l’UFO, cultissime club londonien en 67, Richard Thompson…), et il évoque tout ça, petites et grandes histoires, les bouleversements des années 50 et 60, quand le son noir faisait l’amour aux petites filles blanches, dans un style sobre et précis. Vraiment un des meilleurs bouquins sur la “pop” musique anglo-saxonne…
lectures récentes
d’abord la bio de Dylan par François Bon, aussi personnelle et bien écrite que ses romans ou son précédent biopic sur les Stones- surtout cette bio a été écrite après les fabuleuses “Chronicles” de Dylan lui-même, ce qui lui donne une vision sans doute plus subtile que la moyenne sur les années 80 et la triste perte d’inspiration de l’auteur de “Blonde on blonde”. complétée par le Robert Shelton, d’une précision diabolique sur les années 60 et 70, on a de quoi faire le tour du propriétaire avant de se replonger dans “I’m not there”…

autre lecture passionnante, le “New wave” coordonné par le regretté Jean-François Bizot, une mine d’or visuelle sur les années post-punk-yuppies, celles de Cure, Depeche Mode, The Face, Easton Ellis… je suis trop jeune pour me recommander comme “new wave”, mais j’ai en moi une part de cette mélancolie post-indus, comme j’imagine Radiohead, les frangins Washowski ou Portishead…

enfin, dans un registre beaucoup plus léger (quoique), le “Fantastic Four” en français du grand John Byrne, moins incoutournable que son travail sur les “Uncanny X-Men” avec Chris Claremont, mais le dessin de Byrne garde un charme inouï, presque plus sixties que eighties, même si ses histoires ont plutôt mal vieillies- mais j’ai grandi avec ça, comme avec le “Daredevil” de Frank Miller ,autre incoutournable du comic-book Marvel des années 80…

The Last Shadow Puppets
pop anglaise très sixties, qui rappelle les Stones de 66 (période “Play with fire”, “Between the buttons”, ce genre) ou les Walker Brothers, l’hiver Beatles de “rubber soul”, voire les Smiths ou certaines balades des Libertines- et décidément, avec Amy Winehouse ou Duffy, une pop un peu passéiste, mais tellement agréable…
playlist septembre
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d’abord le monumental album de M.I.A., “Kala”, en particulier “Paper planes” et son sample magnifique de Clash, et le duo avec Timbaland, “Come around”
le folk acidulé d’Amélie, “Black birds”
la reprise à la Roy Orbison du “Ocean of noise” d’Arcade Fire par Calexico
le retour en grâce de Pete Doherty & ses Babyshambles, “Delivery”
Cocoon, français plein d’entrain sur “On my way”
la reprise du “A change is gonna come” de Sam Cooke par les angelenos Cold War Kids
l’album de reprises de Don Nino, & surtout “Porque te vas”
Micky Green, une Feist en blonde, avec le tube en devenir “Oh!”
Rihanna et son irrésistible “Don’t stop the music” madonnesque
“Put the sun back”, belle pop song de The Coral
une reprise de Dylan par Emily Loizeau, le beau “Make you feel my love”
“les femmes” de Yelle, une Peaches à la frenchy
“Dead sound” des Raveonnettes, en attendant l’album
Chris Garneau et une magnifique cover du “between the bars” d’Elliott Smith (lien : http://www.dailymotion.com/video/x1l89r_423-chris-garneau-between-the-bars_creation ) et ce magique “baby’s romance” en free mp3 ici : http://www.lastfm.fr/music/Chris+Garneau
et surtout surtout “New soul”, le tube de l’automne par la très prometteuse Yael Naïm (c’est elle sur la photo)
je peux copier certaines de ces chansons pour ceux intéressés, par mail ou par peer to peer privé : http://www.clubic.com/telecharger-fiche18180-pando.html mon mail sur pando: fabrice.moiska@gmail.com
beat
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grosse actualité Dylan- publication à venir d’un gros best-of d’une cinquantaine de titres, qui aura le mérite de faire un (petit) tour de la question Dylan, le seul artiste capable d’écrire une grande chanson en 1962 comme en 2006, & surtout une biographie passionnante de François Bon, remarquable romancier à qui on devait déjà un livre référence et très personnel sur les Stones (qui eux n’ont pas enregistré une seule bonne chanson depuis au minimum 25 ou 30 ans, mais ceci est une autre histoire)
dans le hors-série des Inrocks consacré ce mois-ci à Dylan, il écrit un truc très vrai, & important pour tous les écrivains en herbe comme moi: “Dylan dira que que pour écrire il vaut mieux être soi-même en mouvement, voiture, train, avion, un peu comme Baudelaire refusait d’avoir une table chez lui”; Kerouac pensait la même chose; il faut écrire comme on conduit, c’est ce qu’il aimait chez Neal Cassady, ce grand ami & figure essentielle Beat & grand écrivain avorté (il préférait trop les voitures justement, & les femmes , & le jazz, & la vie quoi)
ne pas s’isoler, sans quoi on écrit des trucs immobiles, chiant comme la mort, vide
il y a ce morceau de Duke Ellington, don’t je me répète souvent le titre avant d’écrire ou de dire quelque chose d’important: “it don’t mean a thing if it ain’t got that swing”, ça ne veut rien dire s’il n’y a pas le swing, le balancement du jazz, du blues, de la country, rock &roll ça veut dire faire l’amour en argot black, & ça vaut pour l’écriture
ps: la photo, c’est Dylan & Allen Ginsberg en 75, à Lowell, Massachussets, sur la tombe de Kerouac…
