perdu entre Stephen King & Stephen Hawking

“Lost” continue, après cette incroyable saison 4, d’être l’oeuvre de fiction la plus passionnante de la décennie- parce que totalement ouverte & fermée dans le même mouvement- libre à chacun d’interprêter ce qui se passe sur et désormais hors de cette foutue île- Purgatoire, Atlantis, Mu, extra-terrestres, théorie de la relativité, trou noir, voyages dans le temps, Snowball, Effet Casimir, tout est mêlé & possible, et l’image de Ben tournant une roue antédiluvienne pour déplacer l’île est digne de Jules Verne- qu’on se souvienne du même personnage prétendant, dans la saison 2, être arrivé là en ballon ;)
la multiplication des références, (pseudo)scientifiques, philosophiques, mythologiques, lynchiennes, x-filesiennes, loin d’être lourde et illisible, donne au contraire un élan fantastique à la série, dont le déroulé lent comme un fleuve tranquille brusquement entrecoupé de chutes inévitables est proprement hypnotique- il est dur de se débarrasser de “Lost” en fin de saison, de ne pas se faire des théories fumeuses (noires, de préférence) dans sa tête.

Où est passée l’île? Que sont devenus les passagers (des losties figurants si je me souviens bien, mais il y avait aussi Faraday, le scientifique adepte d’Einstein et de Wells …) du zodiac au moment où le ciel est devenu violet à nouveau ? Jin est-il vraiment mort? Christian “est”-il Jacob? Faut-il voir un lien entre Jack et Jacob? Locke s’est-il suicidé, et si oui pourquoi? Comment Ben va-t-il s’y prendre pour retrouver les coordonnées de l’île? Pourquoi Hurley, et seulement Hurley, était sous surveillance? Charlotte est-elle née sur l’île ??!!?? Où est passée Claire? Reverra-t-on Desmond et Penny? Qui est vraiment Miles? Quel jeu joue vraiment Sun?

putain, vite, la suite !!

en attendant, mon best of the idées géniales de cette 4ème saison: le docteur du bateau, retrouvé mort sur la plage avant qu’il ne soit tué sur le bateau; la cabane qui change d’emplacement; Jack apprenant que Claire est sa demi-soeur dans un flash-forward bouleversant; l’apparition de Christian dans l’hôpital où travaille Jack dans une mise en scéne des plus lynchiennes; le dialogue Sawyer/Juliet sur la plage à la fin du dernier épisode; le montage flash-back/flash-forward de l’accouchement de Sun; le regard de Claire dans la cabane; l’intégralité des épisodes “The constant” et “Something nice back home”, respectivement vertigineux et vénéneux; le fait qu’il se passe 3 longues années entre la disparition de l’île et le dernier flash-forward Jack/Ben, avec ce vide à remplir en deux saisons encore avant la fin

et puis, au-delà de la partie île mystérieuse à base de monstre de fumée noire, de statue à 4 orteils et de voyages spatio-temporels, il y a surtout la manière dont les auteurs de “Lost” font avancer l’histoire, la travaillent au corps, jouent avec les codes et les habitudes du spectateur- par les personnages, leurs croyances, leurs interactions, sans jamais être lourdement psychologiques ni incohérents, et en jouant avec l’idée de conclure – une saison avant de savoir ce qu’il y avait sous la trappe de la saison 1, encore plus avant de savoir qui sont “Les Autres”, une saison entière sur le mystère des 108 minutes, cet entrelacement de personnages au gré des flash-backs et des flash-forwards, cette façon géniale de boucler la boucle (fin de saison 3 & fin de saison 4), tout ce travail sur le temps, inexorable, comme cette roue que Ben tourne et qui déclenche littéralement les deux saisons finales de “Lost”.

Publié dans: on août 13, 2008 at 1:39 Laisser un commentaire
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